Les frères Miller

Un conte interactif de St-Laurent Sachet

Pin-Mou,1992

Shane et Bryan Miller comprennent fuck all comment leur sœur a disparue, c’était pas son premier saut de motocross au-dessus du lac Neigette pourtant…

« Je veux bin croire, mais ciboire… »

-Richard Chapeault

Journaliste adepte de la théorie du complot.

Auteur de nombreux ouvrages traitant du paranormal

et webmestre du blogue “Mensonges et Constellations”.

Francis capote. Tandis qu’il s'époumone à essayer de réanimer Shane en lui faisant le bouche-à-bouche, une partie de lui se demande pourquoi il se laisse toujours embarquer dans les histoires de cabochons de son coloc. C’est lorsque Shane s’est mis à insister pour emprunter clandestinement la voiture de Kathleen qu’il a commencé à regretter d’avoir été incapable de lui dire non plus tôt. Kathleen, c’est la blonde de Francis. Depuis qu’ils sont ensemble, il a de moins en moins le goût de perdre ses fins de semaine à suivre le bum de quarante-six ans dans ses frasques habituelles. Et même s’il commence à savoir comment ça se termine généralement, cette fois c’est différent; disons qu’il était loin de se douter que ça pouvait chier autant…

– Recherche visuelle -

Shane émerge soudainement du coma. Il est dans son ancienne chambre, chez ses parents. Il rejoint Francis et Bryan qu’il entend discuter dans le bureau adjacent. Une  entrevue radiophonique accordée à Mr. Robert Chapeault joue en fond :


«…Je vous le dis, leur allure de gros gars tough, c’est juste une façade. Je les ai bien connus dans l'temps, pis dans le fond, les frères Miller, c’est deux grands doux. Ils auraient pu finir en vrais tout croches, comme plusieurs ici, mais non! L’affaire, c’est qu’ils ne se sont jamais entendus sur ce qui est réellement arrivé lors de la tragédie de l’été 92. Encore aujourd’hui, ça les échaude lorsque le nom de Sandra ressurgit dans les conversations. Surtout Shane, et je le comprends, c'est rough d'avoir aucune piste sur ce qui est arrivé à sa sœur. Bryan, lui, on va se le dire, même pour moi ses théories sont un peu trop capotées. (rires).


Anyway. Un jour ou l’autre, quelqu’un va s’ouvrir la trappe pis ça va toute sortir; la vérité sur les enlèvements inexpliqués, les hommes-gris, les apparitions pis les pyromanes masqués. Parce que tout ça est relié, pis qui manque juste à trouver la clé, la pièce manquante du puzzle de l’incident du lac Neigette…»


« C’toute qu’une histoire ça mon Shane. »

À propos du collectif St-Laurent Sachet


Guillaume et Julien se sont rencontrés au cégep lors de leurs études en graphisme. Tous deux avaient envie de raconter des histoires, s’en est suivi la création du collectif de bande dessinée indépendant Copinet Copinot. À travers celui-ci, ils ont découvert le monde de l’auto édition (plus d’une dizaine d’ouvrages publiés), des foires littéraires et des salons d’exposants. Rapidement ils ont eu envie de jouer avec les médiums et d’apporter une dimension numérique et interactive à leurs récits, Guillaume développa le jeu vidéo BD intitulé «Pas Game». L’exploration est remarquée alors que les créateurs la mettent en vitrine dans une panoplie d’événements geek ou littéraire (Comiccon, Festival Québec BD, Expozine). Le potentiel est là, mais l’expérience semble manquer pour pousser plus loin ce concept. Dû aux aléas de la vie, le collectif Copinet Copinot, lui, tombe en hiatus.


Dans le but de mener de front des échanges entre les arts interactifs et la création de récits et d’ambiances, au printemps 2020 ils fondent le collectif St-Laurent Sachet et amorcent – à nouveau – un travail conjoint d’exploration dans la sphère des arts interactifs, de la création narrative et des pratiques basées sur le numérique. Ils amorcent ainsi un retour vers les codes narratifs qui les avaient animés en 2014 – ceux de l’écriture, du jeu vidéo et de l’illustration – avec le projet «Les Frères Miller».